Le coming out

Le coming out, tous les cas, toutes les situations, tous les coming out sont une étapes importantes pour la majorité des gays et des lesbiennes, que ce soit auprès de ses amis, de ces collègues, et surtout auprès de ses parents.


Diffusion mai 2008 et juin 2005

Le coming out est une étape sensible, et devoir « avouer » son homosexualité n'est pas chose aisée.
D'ailleurs pourquoi utiliser ce terme est un peu péjoratif ? 'Avouer', on l'utilise en général plutôt quand on a fait une bêtise.
Pas facile donc, de parler de son homosexualité.
On se présente rarement face à quelqu'un que l'on rencontre en disant : « Bonjour, je m'appelle "XXX", je suis lesbienne ». Tout simplement parce qu'on n'a pas à le faire. Tout ça doit venir petit à petit dans les conversations ou ne jamais venir, car on n'est pas non plus obligé de le dire.
Mais lorsqu'on rencontre de nouvelles personnes, qu'un certain degré d'intimité ou d'amitié s'installe, on a bien souvent envie de le dire. Je ne sais pas comment vous expliquer ce sentiment. Besoin d'être accepté, d'être reconnue peut-être, ou tout simplement l'envie d'être apprécié pour ce que l'on est vraiment, je ne sais pas. De même que n'importe qui vivrait une chose qui lui est chère aurait envie de la partager avec quelqu'un qu'il apprécie, c'est juste humain. En tout cas besoin de le dire à un moment donné, ça c'est sûr !
Face à ses parents, c'est je crois la situation la plus dur, on ne veut pas blesser ses parents, on ne veut pas être rejeté, on ne veut pas leur faire du mal, mais il n'y a pas de recettes miracles nos parents sont encore de la génération de ceux qui vont avoir mal face à cette nouvelle, même s'ils acceptent, même s'ils vous aimerons toujours après le fameux travail de deuil sur toutes ces choses qu'ils avaient imaginés pour vous, ils en souffriront c'est sûr, mais ils se feront à cette idée, vous aimeront toujours, et au final vous serez même peut-être surpris par leur réaction positive.
Face à ses amis, c'est plus simple, quoique perdre quelqu'un que l'on croyait être un ami simplement parce que'il ne supporte pas l'idée que vous soyez homosexuel, c'est toujours dur à encaisser, mais on fait vite le tri, et surtout, on retire une grande satisfaction de voir que le plupart des gens s'en foute et vous aiment comme vous êtes. Car oui, pour moi, la plus grande victoire dans ce cas là, c'est lorsque la personne s'en fout. Je me souviens de cette amie avec qui je partageais ma chambre d'internat, j'avais tellement peur lorsque je lui ai dit que j'avais tourné autour de pot des heures durant, et je ne m'attendais pas à ce qu'elle réponde avec humour « bon d'accord, mais sinon, qu'est-ce que t'avais à me dire de si important ? »
Au travail, c'est je pense un des lieux les plus délicats. On est amené à passer tellement de temps avec ces personnes, qu'on ne peut pas exclure qu'il y ait un certain risque.
Le plus simple est certainement d'aborder le sujet en toute franchise, par exemple à la question plus personnelle du « t'es mariée, t'as un ami ? » répondre le plus simplement du monde, « non je n'ai pas un ami, mais une amie » et advienne que pourra.
Mais lorsqu'on arrive, il faut faire attention à ne pas se dévoiler trop vite. D'ailleurs personne, homo ou non, ne dévoile sa vie privée au travail à qui veut l'entendre dès son arrivée, mieux vaut rester discret.
Alors on ne dit rien. On utilise le fameux terme 'mon amie', tellement pratique tant qu'on n'a pas à l'écrire, et on tombe vite dans le piège du mensonge par omission. Et comme on ne veut pas vraiment mentir non plus, on parle peu, on va même parfois jusqu'à inventer des histoires.
Mais plus on met du temps à le dire, plus on s'enfonce dans ce mensonge, et moins il est facile de revenir en arrière. Il arrive un moment où cela fait trop de temps, on s'est construit une certaine image aux yeux des autres, le dire maintenant arriverait comme un cheveu sur la soupe, et semblerait tellement décalé de l'image que l'on s'est façonnée et que l'on renvoie depuis le début.
L'envie étant quand même là, on s'applique parfois à disséminer des indices masqués, tellement masqué qu'on est finalement la seule à le voir d'ailleurs. A prendre tant soin à ne pas en dire trop, à préparer le repli au cas où, l'indice n'est pas perçu. Et ça devient une habitude qui nous renforce encore plus dans le non-dit. Alors on reste frustrée de ne pas pouvoir vraiment partager la vérité.

Pourquoi se prendre autant la tête vous aller me dire. La première raison c'est qu'on n'a pas envie que les gens que l'on apprécie vous tournent le dos. Quoique c'est une bonne méthode pour faire le tri autour de soi.
La deuxième, c'est qu'il existe malheureusement encore des gens plutôt intolérants sur le sujet. Perdre des pseudo amis ce n'est pas grave, mais si fâcher avec ses parents c'est déjà beaucoup plus grave. Quant au milieu du travail, il est bien trop délicat vu le temps qu'on y passe, pour risquer de se faire emmerder à durée indéterminée.
Mais c'est vrai qu'avec des raisonnements pareil on tourne en rond et on ne fait pas avancer les choses.
J'aimerais pouvoir dire : « Mais enfin, tout le monde s'en fout, c'est ta vie ». Mais aujourd'hui il y a encore des tas de gens hésitent, d'autres qui regrettent de l'avoir dit trop facilement. Mais je crois qu'il n'y a qu'en le disant le plus simplement du monde que les choses peuvent avancer, et temps pis pour les coups.
J'aimerais juste que si cela devait venir dans une conversation, pouvoir en parler sans me poser de question, comme on parle de nos loisirs, de notre famille, de notre travail, de nos amis, ou de la vie en général. Comme les hétéros parlent de leur femme ou de leur mari.